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Biographie
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Ecrivain, peintre et poète, Philippe de Boissy habite une ferme en Isère.
Il a publié une trentaine d'ouvrages : poésies, nouvelles et romans, aux éditions Flammarion et dans des revues (NRF, Esprit, Sud...).
Il a obtenu la bourse Guy Levis Mano de poésie en 1985, avec la publication de La lampe sous le boisseau.
Instituteur, professeur d'anglais et animateur chargé de la littérature à la Maison de la Culture de Grenoble, où il crée des ateliers d'expression écrite en 1972, puis des ateliers d'écriture en 1974, il lance en 1981 le Centre de création Littéraire de Grenoble (CCL), qui éditera plusieurs ouvrages de poésies, des nouvelles et des livres d'histoire dans la série Modestie de l'histoire.
En 2004, il reçoit le prix de poésie Charles Vildrac de la Société des Gens de Lettres pour son recueil Jubilations du désert, publié aux éditions du Jasmin.
Lecteur à voix haute, il enregistre entre autres Le silence de la mer de Vercors.
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Le petit Philippe fait de brillantes études jusqu'à l'âge de 5 ans. A six ans, il sait lire et écrire. C'est l'exode de 1940.
Une école communale près de Saint-Jean-de-Luz reçoit les réfugiés en plus de ses élèves. Puis les frères Maristes s'occupent de lui à Toulon.
Retour à Paris. Les frères des Ecoles chrétiennes, en uniforme, accueillent de nouveau Philippe au collège.
Etudes un peu délicates du petit qui grandit, apprend les langues mortes, et se fait virer pour indiscipline.
Les Oratoriens prennent la suite.
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Le meilleur côtoie le pire. Le lycée Voltaire accueille l'élève en fin de course, pour rien. C'est en candidat libre que Philippe passe son bac, s'inscrit à l'Ecole de Journalisme de Paris, à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales et à l'Institut International.
Sorti premier ex æquo avec la petite fille de l'Amiral Sénès, Philippe de Boissy profite du gouvernement Mendès France qui organise des concerts gratuits pour les étudiants au théâtre du Châtelet. Un poste de journaliste à Budapest serait disponible.
Le sursis militaire de l'écrivain se termine. Mais la guerre d'Algérie approche et à Budapest, c'est aussi la guerre : plus de poste.
En juin 1955, Boissy part dans un régiment d'artillerie coloniale, défile le 14 juillet aux Champs Elysées, passe six mois à l'Ecole d'Artillerie d'où il ne sort que Maréchal des Logis.
Départ en Algérie. L'auteur poursuit son journal : Journal d'une classe qui deviendra Journal d'un idiot. Il écrit des poèmes, édités en plaquettes. Il déteste ce mot. |
1956, c'est l'Oranie. Les postes, l'hôpital militaire de Bel Abbès, le Val-de-Grâce, un service prolongé au Fort-Saint-Denis. Puis la liberté.
L'écrivain, qui publie un peu, est aussi peintre. Il ne vit ni de l'un, ni de l'autre. Il est engagé comme contrôleur à la BNCI de Dreux, qu'il quitte parce qu'il refuse de raser sa barbe. Il vend des voitures, V8, Versailles Beaulieu, Chambord, participe au lancement de l'Ariane Simca. Mais rate le lancement.
Il passe à la librairie La Rose des Vents comme vendeur. C'est mieux. Triste logement.
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Louis Aragon et André Malraux le parrainent pour entrer à la Société des Gens de Lettres. Bernard Clavel le soutient dans son travail. Les Lettres Françaises publient un poème en première page. Grâce à la SGDL, il peut toucher des droits d'auteur.
Il fait des piges à l'Echo Républicain. Un jour, c'est Piaf qui chante. Il y va, écoute le première chanson et se fie au programme qu'il connaît pour écrire son papier.
Catastrophe. Piaf perd connaissance à la deuxième.
Alors, il entre à l'Education Nationale comme instituteur suppléant éventuel et rêve de passer instituteur remplaçant provisoire. Il obtient la meilleure note du canton, et finit sa carrière comme professeur d'Anglais dans un collège près d'Orléans, où il assure toutes les classes de la 6e à la 3e.
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Il obtient alors le Prix du Journal Intime, décerné à Paris.
Horreur ! Les parents d'élèves protestent ! Ils ne confient pas leurs enfants à un homme qui se vante d'être un idiot ! Le manuscrit parle de religion, de guerre et de politique. Tout ce qu'on doit taire sans autorisation. A Orléans, le Recteur Antoine le défend. Le Proviseur aussi.
Mais il démissionne pour l'écriture et la peinture, prend un pseudonyme, Jean-Philippe Simonne, prénom de sa femme, qu'il rejoint à Grenoble.
Dure époque. Mais, sous le numéro 33, le Dauphiné Libéré lui offre un poste de correcteur. Le journal déménage à Chassieux, près de Lyon. Les derniers embauchés sont licenciés. L'écrivain, car il écrit toujours, trouve un poste d'archiviste au Comité d'Organisation des Jeux Olympiques, grâce à un journaliste grenoblois, Paul Blanc. Un an de calme financier.
Quatre enfants. Fin 1967, on ne joue plus. Il écrit alors au futur Directeur de la Maison de la Culture de Grenoble, Didier Béraud, pour proposer ses services. Et c'est oui, comme responsable de l'Information.
1968 arrive. Il est nommé animateur littéraire chargé de littérature par le Conseil d'Administration présidé par Michel Philibert. 1969, il crée " Poésie parmi nous " et la revue " Ecriture 75 " (en 1975).
Il crée en 1972 des ateliers d'expression écrite et orale proposés aux comités d'entreprises de Grenoble : Ugine-Carbone, Teissère, Lu, Merlin-Gerin, Thomson-CSF, ainsi que dans des universités et des lycées. Il part travailler à Strasbourg, Mulhouse, Angoulême, Limoges, Poitiers.
Après 15 ans, licencié avec ses collègues animateurs pour " raison économique ", il obtient une indemnité. Et démissionne de son poste d'Etat.
Alors il vend tout ce qu'il possède au marché Saint-Laurent à Grenoble, et fonde avec Martine Versino le Centre de Création Littéraire de Grenoble, association 1901, maison d'édition, centre de formation, qui tiendra dix ans avant de s'échouer sur la plage.
C'est le chômage. On lui propose de distribuer des journaux. Refus.
Philippe de Boissy écrit. Raconte. Sa retraite du spectacle l'aide à vivre. Il donne des cours de lecture à voix haute.
Remarié, il voit ses livres sortir enfin, continue son Journal d'un idiot, achève La Guerre à l'Envers (Algérie), poste Le Voyage d'Hiver. Il perd presque la vue en 2002, l'apprend le 18 décembre. Avec l'aide de sa femme, il récupère d'une opération cardiaque, soigne ses yeux au laser, il se rééduque, et met au monde, avec l'aide de tous ceux qui l'ont aidé, L'enfant de ma tête. Fait citoyen d'honneur de son village de Pact, seule médaille qui l'honore, il rêve du jour où il reverra Quimper, la mer d'Iroise, la tour du vent " a'vel " à Saint Malo où tout a commencé. |
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Maison du Guy à Pact (Isère) |
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