Paru

 

Bonhomme Ecriture

Editions du Jasmin
deuxième trimestre 2012
Collection Jasmin Littérature Poche
130 pages 7,50 €

D'un trait léger et profond, Philippe de Boissy écrit son enfance, sauvée par l'écriture. Ce Bonhomme Ecriture traverse la vie avec une force qu'il doit au pouvoir des mots entendus puis mis en pages, calligraphiés ou dessinés, ces mots qui permettent d'apprivoiser les peurs, de séduire, d'exprimer ses sentiments, de survivre en toutes circonstances.

Le texte est illustré par l'auteur.

 

" Une naissance à l'écriture, un apprentissage de la langue, de la littérature, du monde, vers un destin d'écrivain. "

L'avocat du diable

Paru

L'enfant de ma tête

Récit d'enfance
Editions du Jasmin, 2004
218 pages, 20 € - A partir de 15 ans.

1933... Un petit garçon naît après la mort de son frère aîné, en Afrique Équatoriale Française.
Sera-t-il ce qu'on rêvait pour l'autre : officier de marine, comme son grand-père, puisqu'il adore déjà la mer ? Catholique pratiquant, bon fils et bon enfant, bon père de famille ? Le petit garçon a une grande soeur, elle aussi élevée dans la religion. Ils jouent ensemble. Mais la tourmente arrive.
1939-49, le père est mobilisé.
La famille fuit Paris. Ira-t-elle en Afrique en passant par l'Espagne ? Gagnera-t-elle l'Angleterre ? La république française, Liberté, Egalité, Fraternité, est mise à mal. Le maréchal Pétain, en timbres, remplace Marianne et une devise est imposée : " Travail, Famille, Patrie ". La famille revient à Paris. Le père la rejoint. Il y a l'histoire familiale et l'histoire tout court dans laquelle Adolph Hitler perd Stalingrad et El Alamein ; de Gaulle, en Angleterre, condamné à mort par Pétain, lance un mot d'ordre : la France doit résister.
Il y a aussi dans ce livre l'histoire d'un peuple plongé dans le chaos. Des enfants avec leurs cartes alimentaires et l'horreur qui plane sur le pays.
Le petit garçon grandit. Il adore lire, écrire, dessiner. Il rencontre des maîtres extraordinaires, " Monsieur Nicolas " et " Monsieur Burnouf ". Il sait les évangiles par coeur, mais en cachette, il ne va plus à la messe. Il voit la mort des autres de très près, dans la rue.
Cet ouvrage, c'est une tranche de vie, l'histoire d'un petit garçon rêveur et passionné qui parle de la guerre de 39/45, de celle d'Algérie, de sa vie, de ses emplois. Philippe de Boissy n'a rien oublié. Il témoigne...

Dauphiné Libéré
09/02/04

Extraits :

t

« Je n'ai aucun souvenir du lieu de ma naissance, qui est peut-être le 10 bis, rue Michel Chasles, Paris XIIè. Aucun souvenir du temps qui suivit. Les années ont passé là, sans laisser de traces dans ma mémoire, sauf une très nette, celle de mon premier livre. La couverture rouge était un peu terne : elle virait à un violet sans brillance. Chiffonnable, pliable, cet objet me plaisait. Les bords des pages étaient découpés en dents de scie, ce que je n'aimais pas. Il ne ressemblait pas aux livres de la maison. Il y avait très peu de texte, et des dessins d'animaux. Je me souviens d'un chien, assis. Quand j'ai su lire, je crois que je n'ai pas lu ce texte pour petits. Je me souviens donc très bien d'un livre que je n'ai pas lu, et que j'ai gardé longtemps dans un coffre à jouets, car il était lui aussi incassable. »

« Alors, dans un silence ponctué par le chant des cigales, il me lâcha un mot superbe. Augusta ferma la bouche. « Scolopendre. » Je ne connaissais pas. Pire qu'un scorpion. Pire qu'une vipère. La mort à coup sûr... »
(extraits pages 12 et 157)

 

" C'est long. C'est compliqué.
Que de choses. On s'encombre.
Bon. On peut le lire quand même."

L'avocat du diable
 

Un loup dans la vitre

Roman jeunesse
Editions du Jasmin, 2001
162 pages, 10 € - A partir de 10 ans

Philippe de Boissy répond aux élèves du collège Lamartine à Crémieu, en avril 2005 :

(...) Les enfants peuvent sauver des loups, des fleurs, des arbres, ou un enfant aux Indes ou au Mexique. Il leur faut l'aide d'adultes, leurs parents, peut-être, mais ils le peuvent, sans oublier de penser aussi à eux. Ce sont souvent les enfants qui ont les belles idées. Pas toujours la télé, loin de là ! (...) il faut aimer ce qu'on regarde. On ne met pas le pied sur un insecte, en promenade, si on le regarde. Même s'il est réputé « méchant ». Il est là. Il a le droit de vivre, comme une abeille. Enfin, si vous vous cognez contre une table, à la maison, et que cela vous fait un gros bleu,et mal, la table n'est pas méchante. Regardez plutôt où vous allez...(...) je crois que vous avez des professeurs assez formidables pour vous avoir aidés à regarder derrière la vitre du collège, un loup, un écrivain, un livre et la vie « dehors ».

Extraits :

t

« ...Un loup aurait été aperçu par M. Julien Lampicote à la Barque d'Arasse, canton de Saint-Jumelins, lundi dernier. L'animal, après avoir traversé la Combe Déodat, remontait les grands pierriers vers les Plans, lorsque M. Lampicote le découvrit tout à fait par hasard. Le berger est formel : c'était un loup. »

« Dans le silence qui suivit, le soleil toucha la falaise, et le groupe entendit le chant de quelques pierres qui dévalaient, en face, dans le lit du Torrent. La louve, au trot, ébruitait sa liberté. »
(extraits pages 7 et 162)

 

" Il fait le loup tout le livre
C'est long.
Il le sauve. C'est encore long.
C'est un long livre
. Ecolo, l'auteur.
Vert.
Amis des bêtes..."

L'avocat du diable
   

La grande marée

Imprimé à Dreux en 1961.
170 pages, épuisé.
Lalance librairie.
Prix d'Aunis Saintonge, 1995

J'ai dû m'enfuir
Un jour
Pour être là
Récupérant à la marée basse
Quelques paroles
Les gestes fous
D'un coeur qui passe

Et de quoi mesurer l'espace*

Dans les années 50, Philippe de Boissy, 19 ans, largue les amarres et prend le bac pour l'île de Ré.
Il est hébergé par tante Camille et oncle Joseph, sans doute rue du Havre, côté pair de nos jours.
Pendant de nombreuses vacances, il suit oncle Joseph, comme son petit fils Petit François, dans sa vie de tous les jours ; puis il raconte.

Dans son livre, tout est vrai. Le lecteur part lui aussi aux côtés de Joseph, à la chasse aux alouettes de mer à la pointe Marielle, à la pêche au maigre à l'écluse du Jar, faire du sel au marais ; il a froid avec lui dans le Nordé, se trempe dans les vents d'Est, puis se réfugie dans la maison " basse pour ruser avec les vents ". Là, tante Camille prépare " les meilleurs menus de la mer ", le vin vieillit dans le chai et dans la remise on range le sabre, la pigouille et le grand simoussi.

A l'heure où les touristes envahissent l'île, il est bon de rencontrer ces " paysans d'Atlantique ", les Rhétais, et de recevoir un peu du patrimoine de leur vie ; un vie qui reflue encore aujourd'hui avec les noms des lieux, la passe de Trousse Chemise, le Fier d'Ars, le Phare des Baleines... ; une vie que l'on goûte encore avec la pomme de terre de Ré, le Rosé des dunes " qui vous laisse au palais un arrière goût de mer ", la Fleur de Sel des marais et tous ces poissons si frais aux étals des marchés.
Peut-être même croiserez-vous le ramasseur de goémon à la plage d'Ars.

Philippe de Boissy ne saura jamais plus de Camille et Joseph, sinon qu'il s'agit de leurs noms de résistance et que la guerre leur a laissé à chacun un tatouage en épave.

Depuis il a hérité de la mémoire des grandes marées :
Très peu d'eau suffit
Pour voyager *

Ses malines intimes laissent sur nos plages blanches des peintures de vagues et d'aubes courbes, des calligraphies de bateaux, des poissons sculptés dans le bois, des récits de navigateurs, des poèmes de baleines, une légende du Mont....
Dans sa poitrine, il y a un amer secret ; du fond du Dauphiné, il regarde par le fenêtre et dit :
On dirait la mer *
Alors il expose " Volet de bois donnant sur la mer ", " La mer vue d'ici ", " La mer avant la mer "... et il dit que lorsqu'il reviendra à Ré, il reprendra le bac avec sa voiture...

Aujourd'hui il nous offre, comme apporté à nouveau, par une de ses malines, ce livre " tiré au sec " de sa mémoire et de celle des hommes de Ré.

A l'ouest
La mer piétinée
Se refait
Sans personne *

Marie-claude Roesz

* Extraits de poèmes de " La lampe sous le boisseau " CCL 1984

 

" C'est une histoire de l'Ile de Ré, pour de vrai. Il y était à 19 ans. Premier roman. On peut faire mieux. On va attendre. " L'avocat du diable

   

Le lapin montre les dents

Glénat, 1984.
Disponible en consultation à la bibliothèque de La Part Dieu, Lyon.

Imaginez un pays d'Amérique Latine qui n'existe pas.
Un dictateur qui existe dans ce pays.
Un docteur es-néant qui invente des sous-hommes en partant des vrais, et vous ne saurez pas le quart de l'histoire.
Le personnage principal, professeur d'histoire religieuse et agent secret, aime la vie, la salade, le monde et le soleil.
Sa femme a des yeux gris, ses enfants sont aussi beaux qu'elle.
Et c'est lui qui chasse les méchants.
Qui va gagner ? Pour le savoir, il n'y a qu'à lire.
A la fin, vous saurez que tout était vrai.
Sauf les noms de fleurs, d'arbres, de mouches et de lapins.

 

" C'était rudement bien écrit ! Dessins de Jean-pierre Andrevon. Le fantastique y est mais à la fin trop, c'est trop. Le dépôt de livres a brûlé. Plus de lapin, plus de dent, ouf. "

L'avocat du diable
   

Les amis du père

Sous le pseudonyme Jean Philippe Simonne.
Flammarion, 1970. (épuisé)

Voilà un roman fait pour durer.
Récit d'une famille touchée par une secte.
Tout ce qu'on ne voit pas sous le masque est dit.
L'ouvrage a connu un certain succès de librairie.
Aujourd'hui il reste d'actualité.
L'auteur fait encore des conférences, les sectes ont pignon sur rue, ça ne le touche plus.
Il a fait ce qu'il pouvait.
Ça ne facilite pas la vie.
Les sectes ? Elles sont dans la rue pour quèter ou prêcher et au sommet de la société pour gouverner.

 

" A croire qu'il n'y a qu'une vérité détenue par monsieur. Il est une secte à lui tout seul.
Il se bat. Ce n'est ni Don Quichotte ni le Cyrano de Rostand, c'est tout. "

L'avocat du diable
   

Le soldat sans tambour

Sous le pseudonyme Jean Philippe Simonne.
Flammarion, 1968. (épuisé)

Deuxième roman mort-né.
Né en mai 1968, mort en juin.
Histoire de toutes les guerres. Le tambour servait à couvrir les cris des soldats, la douleur des blessés et le chant de la mort.
Ce soldat l'a écrit sans protection.
Très belles critiques dans La Nouvelle Revue Française.
Le livre devient très vite introuvable. L'auteur n'en a même plus.
Mais un lecteur en a trouvé un sur internet avec une dédicace : " En vous relisant Monsieur j'ai retrouvé mes 20 ans ".
50 ans après : " On dit de cet écrivain qu'au delà d'un certain désespoir il y a dans ce qu'il écrit une belle espérance, et une joie d'homme jeune."
Aujourd'hui c'est un compliment.

 

" Romantisme, lyrisme. Belle écriture souvent. Un rien mystique, certaines pages sont terrifiantes. Il copie Céline ? Il fait parler la pluie qui tombe sur un chant de bataille et raconte. Non mais ça va pas ! "

L'avocat du diable