ATTENTION !

A partir d'août 2010 (Fructidor) le site présentera au moins une fois par mois des extraits de l'ouvrage ayant trait à l'actualité.
Nous rappelons ici le sujet de ces textes : Réflexions sur un temps qui n'est pas que le mien.
" ...mais l'actualité dure encore en 2012. Cette actualité s'arrêtera au Bas de l'Escalier de Floréal 2012, mois de fleurs..."

     

LE BAS DE L'ESCALIER

Janvier/février 2012 extraits 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89

Décembre 2011/janvier 2012 extraits 77, 78, 79, 80, 81, 82

Novembre/décembre 2011 extraits 69, 70, 71, 72, 73, 74, 75, 76

Octobre/novembre 2011 extraits 65, 66, 67, 68

Septembre/octobre 2011 extraits 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64

Août/septembre 2011 extraits 51, 52, 53

Juillet/août 2011 extraits 46, 47, 48, 49, 50

Juin 2011 extraits 42, 43, 44, 45

Mai 2011 extraits 38, 39, 40, 41

Avril 2011 extraits 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37

Mars 2011 extraits 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28

Février 2011 extraits 18, 19, 20

Janvier 2011 extraits 14, 15, 16, 17

Décembre 2010 extrait 13

Novembre 2010 extraits 10,11 et 12

Voeux des lecteurs janvier 2011

« G, comme ...GRAND

Celui dont je parle est grand. Pour moi, au moins. Et si je lui dédie ces lignes, c'est parce que je sais qu'il ne peut pas bien les lire. On les lui,dira peut-être... Je sais qu'il n'aimera pas !

La maladie et l'âge ont eu raison de sa curiosité. Dieu sait pourtant si cet esprit plein de tendresse a su s'ouvrir aux arts qu'il pratiquait avec une réelle pudeur. Un grand. Un vai grand dans ce domaine de l'imperceptible qui parle à l'âme. Ou au coeur.

Poésie, romans, contes, direction littéraire, animateur d'atelier d'écriture, peintre à l'encre de chine, graphiste, responsable des arts de l'écrit à la Maison de la Culture de Grenoble, directeur d'une maison d'édition, châtelain dans une vieille bâtisse dégradé dans le nord Isère, ancien instituteur et professeur d'anglais, écorché vif à son retour d'Algérie, militant culturo-politico-engagé... j'ai de l'estime et plus encore de l'amitié pour ce grand des Arts et des Lettres : Philippe de Boissy et autres quartiers de noblesse.

« A la Révolution, ils ont même guillotiné le chien... » m'avait-il dit un jour de confidences...
C 'est un grand, pas ignoré, mais méconnu. Un Grand qui sait passer au-dessus des étapes. Et offrir dans une bibliothèque des pages de grande beauté.

J'ai toujours aimé sa franchise de langage. C'est le propre des poètes. Il dit comme il vit, simplement, avec cette pureté des opinions qui ne se satisfont pas des modes et des grandes déclarations du moment. Il dit ce qu'il pense. Librement. Il pense ce qu'il dit. Honnêtement.

Dieu, la politique, les grands passages de l'histoire, ce qui reste des guerres et des grands mouvements publics ou politiques... ne lui sont pas étrangers. Il en parle quand on lui en parle. Mais la plupart du temps, il l'écrit ou le peint. Avec des mots qui sont les siens. Avec la pureté d'un vocabulaire qui ne s'encombre pas du verbiage. Avec des traits qui signent, sur une toile blanche, la franchise d'une ligne. Comme une marque.

Tout se rejoint dans l'oeuvre de Philippe. Avec une recherche de précision qui explore la perfection sans contraindre le génie. Spontanéité.

Il est libre. C'est le bonheur du poète. Et ne prend du temps que pour ciseler son langage, avec la qualité des mots et des traits qui « s'expriment donc impriment »... comme disait Tardieu.

C'est ce qu'il a tenté de m'apprendre, un temps où nos routes littéraires se sont croisées. Même en apprenant ses leçons, je n'ai jamais su dépasser le maître.

Tant mieux. Il est trop grand pour moi... »

Bruno

Philippe n'est pas grand, un mètre soixante trois, pour un grand âge. S'il a refusé, à Grenoble, la Médaille du Mérite National, c'est parce qu'elle était trop grande. Aujourd'hui, il se dit touché et heureux par ce beau temps qu'on lui envoie. Le beau, c'est le vrai, dit Platon.

L'avocat du diable

« Bonjour Philippe, Ca me fait plaisir de te retrouver en découvrant ton site, et en m'émerveillant à la lecture des poèmes (...)

Depuis l'époque où grâce à toi et parmi la joyeuse bande du groupe écriture, à la Maison de la Culture de Grenoble, j'ai pu entrevoir une possible aventure de l'écriture où je brûlais de m'engager, beaucoup de choses ont retenu mon stylo. (...) mon engagement syndical ne me laisse pas beaucoup de temps (...)

Le syndicalisme est la manière dont j'ai mis en application le conseil que tu m'avais donné: « Tu dois vivre ». C'est un lieu de fraternité et de chaleur qui est source de bonheur malgré la détresse des collègues auxquels je m'efforce d'apporter chaque jour un peu d'aide.

«  (...) J'ai composé « en 2008, un petit recueil. Il est minuscule mais il m'a tout de même pris deux ans. La partie centrale est un oulipisme, grâce auquel j'ai pu démarrer ce travail, la contrainte étant pour moi libératrice. (...) ton souvenir est resté très fort, avec beaucoup de reconnaissance pour les encouragements que tu m'avais donnés. »

Noël

Pluviôse (Janvier/février 2012)

(texte 83)

« Qu'est-ce que le tiers état ? Rien ! Que doit-il être ? Tout ! »
Abbé Sieyès

Demain, 21, exécution de Louis XVI. Je pense à cette phrase de Marat, qui fera un portrait de « Louis », clos par ces mots :
« Innocent, je l'aurais admiré comme un grand homme. »

Ce n'est pas du mot à mot. Je n'apprécie pas beaucoup Marat lui qui admire la taille de Louis, un mètre quatre-vingt -dix. La révolution de 89 arrivera jusqu'à ce moment terrible, la mort d'un roi par exécution.
Seuls, les anglais nous avaient précédés.

(texte 84)

Je remarque que Monsieur Mélanchon n'est guère cité dans les infos électorales. Quelle discrétion !
J'ai pu écouter quand même un discours de campagne, toujours avec son humour, sa vigueur, et les projets du Front de gauche qui nous conduisent à la catastrophe...
Je pensais qu'on y était depuis un moment déjà.

Ecouté Bayrou aussi. Résister ici, résister là, Bayrou ici, et Bayrou là, mais il a voté à droite tout le temps, comme Borlo. Il n'y a rien de tel qu'un socialiste pour en descendre un autre.
Madame Royal a été descendue par des éléphants (qui va garder les enfants si elle se présente ?). Il faut que Hollande se garde à droite, se garde à gauche, et qu'il combatte le reste. Pour madame Le Pen, c'est réglé ici. La peine de mort pour des « crimes particulièrement odieux », ça me suffit.

(texte 85)

« Je voulais parler de la mort, mais la vie a fait irruption, comme d'habitude. »
Virginia Woolf

J'entre dans le « bureau ». Je remarque un trait sur le tapis. Le chien a encore sorti un papier de la poubelle. Ca m'énerve. Je me penche et veux m'en saisir. Mais ce n'était qu'un bout de rayon de soleil qui tachait le tapis.
Cela n'était pas un morceau de papier d'emballage, de ces papiers qui m'envahissent chaque jour, mais un morceau de soleil.

(texte 86)

« L'argent ne représente qu'une nouvelle forme d'esclavage impersonnel, à la place de l'ancien esclavage personnel. »
Léon Tolstoï

Cette phrase date d'hier...Et je me souviens d'une nouvelle courte de Tchékov, que j'aime beaucoup, et que j'ai lue en public, et racontée pendant des années... L'histoire de la servante qui vient chercher sa paye, mais elle a cassé raté manqué tant de choses que c'est elle qui doit de l'argent à sa patronne !
Alors arrive la chute du texte :
Et vous acceptez cela, idiote ? Le maître de maison, c'est Tchékov. Il la paye.

(texte 87)

Le Président envoie des voeux de Guyane. La veille, un règlement de comptes entre orpailleurs a fait dix morts dans la région.
Le Président annonce des renforts de police et de gendarmerie. Des sanctions plus sévères.
Mais j'entends dire à la radio que la gendarmerie n'a pas pu intervenir aussitôt parce que les hélicoptères avaient été réquisitionnés pour sa protection.
Est-ce vrai ? Le vrai ne fait pas partie de la vérité politique. On nage toujours entre deux vrais. Un seul l'est.

(texte 88)

« Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire. »
George Orwell

C'est quand même énorme d'entendre aujourd'hui le Président de la République qui n'a cessé d'employer cette phrase :
« On ne peut pas faire autrement » déclarer le soir que le mot fatalité n'entre pas dans son vocabulaire.
Il n'y avait que ça ! Je l'ai noté dix fois dans ce journal !
« Il n'y a pas d'alternative ». « Nous n'avons pas le choix. » « On ne peut pas faire autrement ».

(texte 89)

Monsieur Hollande a terminé son discours du 22 avec une citation de Shakespeare :
" Ils ont échoué parce qu'ils n'avaient pas de rêve " ...
Elle figure dans ce journal, quelques pages avant celle-ci, et je l'avais prise dans l'Humanité.

Nivôse (Décembre 2011/janvier 2012)

(texte 77)

« Ils ont échoué parce qu'ils n'avaient pas commencé par le rêve. »
William Shakespeare

Il est encore ici, William. Avec Baudelaire, Stendhal, Molière, Montaigne.
Je ne peux plus les lire. Et le paradoxal, c'est que je peux encore l'écrire ! Ce monde rêve de mort en fermant les yeux dessus.

(texte 78)

Vingt-cinquième jour de Nivôse. Doux, un peu frais, RAS météo.
Pierre Loti, dans son journal, avait écrit : C'est Noël.
J'en ai ri. Cela ressemblait à la note de Louis XVI, le jour de la Révolution : Rien à signaler.
Mais à chaque fois que je prends une note, en ce moment, je me demande si elle est vraie.
« C'est Noël » ces deux mots peuvent être aussi l'expression d'une solitude, d'un vide, je ne sais.

(texte 79)

J'ai écouté le concert sur Arte.
Purcell, Haendel, des airs extraordinaires, un duo superbe, de Purcell, duo que j'ai utilisé dans un chemin sous la neige, anciennement le voyage d'hiver, pris par Madame Nothomb pour titre d'un de ses romans.
C'était beau et heureux à en pleurer.
Belle direction d'orchestre, sans baguette, toute en douceur et en exigence pour « une femme ». Belle soirée grâce à elle. Elle dirige avec tout son corps, elle ne perd pas de l'oeil les musiciens ou les chanteurs, ils osent tous faire une variation dansante sur l'air du duo de haute contre et revenir d'un coup à la partition.
Bravos de bonheur dans la salle. C'était Noël.

(texte 80)

Ier Janvier 2011. NIVÔSE. L'HIVER.

Voeux du Président. C'est du Rostand, dans Cyrano. C'est la cata ! Que dis-je ! C'est un vrai cataclysme ! Que dis-je ! Mais c'est l'Apocalypse !
Il fait peur, le chef ! Et plus l'inouï approche, moins en est-il coupable, ou même responsable. Le déficit sur cinq ans est bien de la moitié du désastre : quatre cent cinquante millions.

Bonne année à la terre. Au hasard. Pas de pube. Ou de la planète. Effrayant.
Ca va péter. La fin du Monde. Pas un scientifique à l'écran. Des gens expliquent le comment du pourquoi.
Un savant auteur en science- fiction, parle et raconte la fin du monde. Les trous noirs, la matière. La terre entre deux trous noirs, ou deux autres problèmes. Pour bien nous faire comprendre, il nous explique que la terre pourrait être comparée à un homme attaché à une roue, les quatre membres liés à des chevaux soumis à un galop !
J'écoute plus que je ne regarde. Mais je remarque que les mêmes phrases reviennent souvent, et les mêmes images en gros plan. Le nez sur l'écran, je retiens celle-ci : des immeubles.
Au bas des immeubles, des silhouettes noires. Hommes. En face, des magasins, une grande surface.

Les hommes courent, jettent des « Molotovs » sur des voitures, qui brûlent. Puis cassent les vitrines. Pillent. Puis l'armée arrive, avec des autocars grillagés. Feu sur les hommes en noir......J'avais le nez sur l'écran.....pour lire la chaîne qui a diffusé ça (un montage).
Bonne année à tous ! Je ne peux pas, plus lire. Donc, je mens.
C'était une émission scientifique.
2012.
La fin du monde.

(texte 81)

Retro-télé, les Affaires. De Gaulle et Ben Barka, Pompidou, Giscard, Mitterand, Chirac.
Bref : un chapelet d'affaires. Et une défense : pour tous : mensonges, calomnies, jalousies, bêtises, maladie mentale. Fouilleurs de poubelle...

2 janvier. Matin.
Affaire Karachi Baladur. Les paradis fiscaux et les Palais. Beregovoy suicidé avec deux balles dans la tête...

L'enterrement national de Kim Jong-il, fils du Père Kim Il-sung, c'est autrement plus reposant. Et beau. Un peuple à genoux, des femmes à quatre pattes, qui pleurent papa !

(texte 82)

A la dernière séance du Parlement, un parlementaire questionne.
On le filme, avec deux femmes à ses côtés, et un homme assis, derrière l'orateur, mais attentif à être filmé.
Il hoche la tête aux propos de bas en haut, sans cesse, pour approuver le collègue. Je l'ai dans le rond de ma lentille spéciale de mono.
Et je pense à ces vitres arrières de voiture, derrière lesquelles un toutou, un tigre, un âne opine du bonnet.

Frimaire (Novembre/décembre 2011)

(texte 69)

On ne peut rien contre le mur des imbéciles, tant ils mettent d'intelligence à l'élever. (mon grand père)

(texte 70)

Liberté d'expression ! Liberté d'expression ! Je saute sur ma chaise ! Qui parle ?
Un Ministre qui a fait mettre sur écoute un journaliste, et ce par un service officiel de l'Etat en matière d'espionnage.
Ou : un Ministre qui a sauté sur l'occasion de l'incendie criminel d'un journal pour dire sa révolte et dénoncer cette violence...la libre expression.

(texte 71)

Annonce : suppression de trois mille postes dans la gendarmerie et la police.... Bon. Cela étonne.
Mais quelques heures plus tard : le Ministre va remettre sur le terrain les policiers qui exercent dans des bureaux des fonctions syndicales non permanentes et parfois facultatives...
Mais il n'y a pas de syndicat dans la gendarmerie.
Dans la police, les syndicats sont les plus représentatifs de France : quatre- vingts pour cent ! ...

(texte 72)

Le « Tous pourris » gagne du terrain dans l'opinion publique. C'est de l'info, cela peut être électoralement bon. Le pourri, oui, bien sûr, mais c'est l'autre.

(texte 73)

« Rares sont ceux qui regardent avec leurs propres yeux et qui éprouvent avec leur propre sensibilité. »
Albert Einstein

J'entends ce matin à la radio un chant que je reconnais tout de suite à sa musique. Puis, aux paroles : Catholique et Français toujours. Je me souviens du reste quelques minutes après, en promenant mon chien.

Entends du haut du ciel
Ce cri de la Patrie
Catholique et Français toujours.

Je me rechante, pour vérifier, dans le froid de l'aube. Et maintenant, me revient cette phrase, peut-être inexacte :

Oh Seigneur, oh gardien fidèle
Garde au fond de nos coeurs
La foi des anciens jours....  

« La perversion de la cité commence par la fraude des mots. » Platon

J'avais dix ans. Classe de sixième.
Immense protection dans la cour du collège, la grande cour, les Francs Bourgeois. Je n'ai pas gardé ma foi des anciens jours. J'obéissais comme tous les autres. C'est petit à petit, pour des raisons d'injustice, des punitions humiliantes et parfois violentes, que je me détacherai d'abord de ceux qui dirigeaient et les chants, et les classes.
Comment devient-on totalitaire ? Je me pose toujours cette question.
Aujoud'hui, détaché d'une foi que je n'avais pas et plus proche d'une pensée que traversent, pour l'heure, Hannah Arendt ou Julia Kristeva, je vis dans le calme, le travail, le silence, la terre, les animaux et le monde avec ses humanités.
Seule ombre : le souvenir de la douleur physique dont je suis sorti l'année dernière, après un mois et plus d'hôpital. Douleur qui m'a surpris en train de ratisser, qui m'a mis par terre en quelques minutes, et dont le moindre signe revenu quelques secondes me fait l'effet d'une piqûre de rappel.

Je regarde le petit rond noir du chat, au bas de ma chaise. Il sait que là, lui et moi, dans la musique de mon stylo, nous sommes encore en vie. Quand je pose mon stylo, il lève la tête. Il sait que la vie va redevenir peut-être dangereuse.

(texte 74)

Parfois les peuples acclament ceux qui vont les accabler. Il suffit pour cela de transformer la souffrance qui les accable en espérance.
Ceux qui s'en chargent le mieux sont souvent ceux qui les ont d'abord désespérés.
« Malheur à vous scribes et pharisiens hypocrites, qui liez sur les épaules des autres des fardeaux que vous ne seriez pas capables de porter... »
Evangile de mon enfance, que je ne renie pas. Le mot autres est inexact, veuves, faibles est peut-être plus juste.

(texte 75)

Ce qu'il faut, c'est que l'Information suive ou précède l'opinion publique, ou si l'on veut, la conscience nationale. Comment faire ? Il faut informer l'Information d'abord.
C'est une question de vérité. La vérité d'abord. Mais qui détient la vérité ? Celui qui l'annonce le premier, parce qu'il en a les moyens.
Pourtant : « La vérité n'a rien à voir avec le nombre de gens qu'elle persuade. » Paul Claudel

(texte 76)

Les français sont nuls en économie.
Au Portugal, Socrates, gauche élue, démissionne plutôt que d'appliquer au peuple un quatrième plan de rigueur.
En Grèce, Papandréou est poussé dehors parce qu'il applique mal, en tant que socialiste, un plan de rigueur de plus.
En Slovaquie, la Présidente élue change d'idée entre le matin et le soir. Elle votait non, bloquant dix-sept pays européens soumis à la loi de l'unanimité. Le soir, elle démissionne, et c'est oui.
En Italie, un Chef est contraint de s'en aller, non à cause de ses procès en cours de justice, mais parce qu'il n'applique pas la rigueur financière souhaitée. Il était de droite.
En Espagne, Monsieur Zapatero démissionne, est battu aux élections, parce qu'il traînait à appliquer les plans d'austérité. Il était de « gauche ».

Qui commande ? Ou à qui le tour ? Je suis nul en économie.

L'Islande a refusé de payer. Elle s'en sort. L'Irlande s'en sort à sa façon.

Qui commande ?
Mais le suffrage universel, la Démocratie ! Regarde la France, elle a voté non, et alors ?

Les Démocrates lui imposent des plans d'austérité, c'est tout ! Je suis nul en économie, les trois A A A, vingt sur vingt, c'est moi !
Le suffrage universel, c'est moi !
Qui commandera un autre pays, qui ?
Je n'ose pas écrire les Marchés. Je ne sais pas qui c'est.
Un Nouveau libéralisme, le Genre Humain, demain ?
C'est ça, bonhomme. Tu as vingt sur vingt. Tu vois, ce n'est pas difficile. Mais tu te trompes encore d'une ligne : la délicate question d'argent. C'est pas quelqu'un. C'est mondial. Mondial, c'est pas quelqu'un.
Alors, c'est personne ? T'es vraiment trop con ! C'est tout le monde !

Brumaire (Octobre/novembre 2011)

(texte 65)

Bien que préservé par Luc Chatel, l'obsession Sarkozy concernant l'enfance des moins de cinq ans refait tout d'un coup surface après celle de 2007 et 2008 !
Rien n'y fait ! Il se moque de l'avis des gens compétents, autorisés, d'expériences sociales sur plus de vingt ans de travail réalisées au Canada avec constats, résultats au combien positifs car très humains !
On n'est pas foutu à cinq ans ! Les termes employés comme qualificatifs d'un enfant de trois, quatre ou cinq ans sont effrayants : RAS, Rien à signaler !
Cela veut dire quoi ? Bon ? Haute Délinquance, à cinq ans ?
Ce déterminisme politique, idéologique me met hors de moi !
J'espère une levée de boucliers, j'espère un humanisme qui ne soit pas totalitaire à ce point : ne voir qu'une seule tête dès cinq ans, après avoir décrété qu'on n'a pas besoin d'enseignants diplômés pour changer des couches à la Maternelle et avant !
Il y a quelque chose de détraqué au Royaume du Prince. Qui peut soutenir cet étalage du soupçon, masqué par un grotesque effort sémantique « d'évaluation des connaissances, d'observation des comportements, de la qualité de l'oralité... ».
Cet homme a peur des autres, peur de ce qui n'est pas lui, peur des enfants des autres.

(texte 66)

Faire vite toutes choses a un avantage : on est souvent contraint à les faire deux fois.

(texte 67)

Chaque jour au monde est le jour de quelque chose.
Je n'y suis souvent pour rien !
Je me dis ah oui ! Ah bon ! Les ateliers Quart Monde ?
J'en ai cotoyé un, en expression vocale, orale, écrite.
C'était aux Sables d'Olonne,  à Olonne et au château d'Olonne. Une semaine, logé chez l'habitant. Je me souviens de ces êtres humains « misérables », n'ayant pas toujours le langage courant, timides à l'excès, tout le corps timide à l'excès même debout, et qui tentant de respirer au mieux, pour émettre un son vocal, un seul, sur un seul souffle contrôlé, avec leur voix jamais entendue de cette façon : c'est moi, je m'entends, on m'entend !
On était arrivé à grouper les sons de chacun, différents, quelques vingt ou vingt cinq secondes, sans référence musicale, et tout d'un coup, le sourire, le bonheur, on y était arrivé !
On pouvait en faire plus, des sons avec soi ! Et on en a fait plus. Jamais de notes, celui ou celle qui faisait très peu le savait bien, mais ce qui comptait, c'était d'avoir fait dix secondes, et de ne plus se battre la poitrine, mais rester silencieux avec les autres, heureux d'avoir fait un bout de bonheur.
C'est mon seul travail en une vie avec Quart Monde !
Beau souvenir ! On ne faisait pas do mi sol do. On faisait ces voix ensemble, comme en Afrique !
Ce n'était pas revenir en arrière, au primitif de nous. C'était, en plein « moderne », une éclosion de vie, et des hommes.  

(texte 68)

Contrairement à ce que j'ai entendu dire par carrément quelqu'un que tous les psy sont d'accord avec le projet de validation comportementale des enfants à la maternelle, c'est absolument faux. Et maintenant après deux faits divers désolants, déjà le projet d'une validaton psy des profs ! Et les pour qui sont montés contre les contres ! Par qui ?
Par ceux qui ont supprimé et diminué les enseignants spécialisés ! Qui a dit qu'on n'avait pas besoin de diplômes pour changer les couches ? Qui embauche des remplaçants par Pôle Emploi ? J'écoute certaines radios pour m'éloigner de la bêtise, de la volonté du « pouvoir », en y gagnant sa vie.

J'ai appris, jeune homme, en cours d'argumentation, qu'il ne fallait jamais utiliser sa vie comme argument, comme exemple pour prouver avec le Je ce qu'on devrait prouver avec le Nous, au nom d'une humanité dont nous sommes. D'autres que l'ego réfléchissent, travaillent, découvrent. Il faut se renseigner. Au moment d'écrire le nom de ce prof, et le philosophe qu'il citait souvent, le téléphone sonne.
Quand je suis revenu à ma table, je ne savais plus les noms ! C'était électricité de je ne sais qui, me proposant de faire des économies ! De la Pub !

Vendémiaire (Septembre/octobre 2011)

(texte 54)

Un livre vient de sortir avec comme sujet « Ce que les enfants n'apprendront plus à l'école ».
Victor Hugo, ou Louis XIV seulement en fin d'année, juin quand il n'y a plus foule à l'école !
Au profit des Indes, du Mali ou de l'Amérique du Sud. C'est bien de savoir d'autres civilisations.
Mais en primaire, c'est bien tôt ! Un peuple qui ne sait pas son passé ne sait pas penser à ce qu'il est.
Je suis sidéré ! Déçu. En colère.
Qui a décidé cela ? Il y a sûrement une raison, et une raison idéologique.

Avec un peuple sans connaissance de ses racines, gouverner doit être plus facile !

 

(texte 55)

« Ma femme a la taille des autres entre les dents du tigre. » (proverbe)

« Ce que nous faisons pour la Grèce, nous ne le ferons plus pour aucun des pays de la zone euro. » Nicolas Sarkozy

 

(texte 56)

J'en reviens toujours à la même question : la crise actuelle est-elle libérale, capitaliste ou libérale capitaliste ?
On me répond que ma question est nulle car elle est idéologique.
C'est une façon de me dire que la réponse le serait aussi et c'est impossible.

Le socialisme est une idéologie.
Le communisme est une idéologie.
L'anarchisme aussi.
Le fascisme aussi.
Le nazisme aussi.
Pas du tout vrai pour le libéralisme.

On fait tout en ce moment, doucement, par petites touches, pour privatiser peu à peu l'Education Nationale, c'est pour le bonheur des gens, des enfants.

Exemple d'une petite touche.
Dans une commune, Villemomble, on a fermé les maternelles. Au projet des jardins d'éveil, de Madame Morano.
C'est payant.
Le maire est UMP.
Madame Morano, Ministre, aussi.
Ce n'est pas de l'idéologie.

(texte 57)

« Morale de ce début de Vendémiaire : c'est une honte ! Il y a des parents qui manifestent parce qu'ils ne peuvent plus se débarasser de leurs enfants dans des écoles gratuites avec services gratuits. »

Je ne l'écrirais pas si je ne l'avais entendu.
J'ai été, avec mon épouse, un ignoble parent qui s'est débarrassé de ses enfants, quatre et deux, en les bazardant chaque matin à l'école du village, au collège du canton et au lycée plus tard, pour aller travailler à plusieurs kilomètres, ma femme parce qu'elle y était nommée comme professeur de lettres, moi parce que je voulais garder un travail passionnant à la Maison de la Culture à Grenoble.

Pire encore : on ne rentrait pas à midi ! Et il n'y avait pas de cantine ! Quelle lâcheté ! Quel abandon ! Quel mauvais exemple pour eux, aujourd'hui, et pour mes petits enfants qui vivent la jonglerie de l'école, du collège, du travail femme mari, de la nounou, de la maternelle, de la garde !
Mea Culpa !
C'est toujours ma femme qui allait aux réunions scolaires.
Je travaillais le samedi et parfois le dimanche. Le théâtre c'est cela.

(texte 58)

« La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. »
Victor Hugo

Demain, un jeune homme, Troye Davis, doit être exécuté aux USA, pour meurtre. Mais la procédure est trouble, on y trouve des contradictions, et l'accusé plaide pour son innocence...
C'est un pouvoir étrange, répété, qu'ici, à Pact, seul dans cette maison, je ne dorme pas vers quatre ou cinq heures du matin (c'est une autre heure aux USA) parce qu'on va tuer un homme sans certitude de son crime, et dans les conditions qu'on sait.
Il ne peut pas le savoir, lui, que j'y pense. Que je me dise, avant de vivre après, voilà, c'est fait.
Et pourtant, je pense qu'au dernier moment, il aura peut être pensé qu'il n'était en pensée pas seul.

(texte 59)

Je me demande quel français peut dire ce matin ce qui s'est passé dans une chambre d'un Sofitel !
Quel linge sale dans la lessiveuse publique sans cesse remise en marche et rechargée des radios, certaines fouillant la crasse, le mensonge, la vérité et la bêtise avec un bonheur d'être là, en vainqueurs, n'arrivant pas à cacher qu'ils sont contre l'accusé, contre la gauche posant sans cesse les questions avec réponses par oui ou non, heureux d'avoir trouvé un salaud, dénoncé un crime, convaincu des croyants et gagné des élections.

Ils participent de la pagaille et de la confusion qu'ils augmentent, après tout, c'est leur gagne pain, Touiller est encore un mot de ma grand mère, en cuisine. Elle touillait la soupe aux crabes, le civet de lapin, après dépose dans une marinade, préparée la veille.
Je mettais le nez dessus. C'était écoeurant. Et cela finissait par être bon.

En politique, on ne sait pas, jamais. Nathalie Kociusko Morizet a raison sur ce point : On ne peut pas expliquer à ses propres enfants une marinade politique. Cela ne sent même pas mauvais après touillage. Cela dégoûte de ne sentir rien.

(texte 60)

Festival de marionnettes superbes à Charleville Mézières.

On ne voit pas ceux qui tirent les ficelles, et en taille humaine, c'est étonnant, on distingue peu celui qui mène ses deux voisins.
Moi aussi, j'ai des ficelles, jusqu'à mon stylo !

(texte 61)

Un voisin de cinq minutes, arrêt voiture pour un salut, me dit on parlait des affaires que tout cela ne fait que les affaires des merdias qui répètent cent fois la même chose pour qu'on sente nous aussi la merde...Je rigole. Au début je n'ai pas compris merdias. J'ai entendu dans un doute Médias. A la fin j'ai compris.
On s'est quitté la dessus si je puis dire.

(texte 62)

Mais en rentrant à pied à la maison, avec le chien, je pensais qu'il existe de bons médias, qui disent des vérités que personne d'autre ne veut dire ou entendre.
Et ceux-la se font régulièrement traiter de merde, par les médias qui appartiennent pour le plus grand nombre à un seul homme d'affaires, proche de la cour ou du jardin.

(texte 63)

Pube : « Si vous avez des dents en or, dont vous n'avez plus l'usage, envoyez-les à Postalor, vous y gagnerez de l'argent. Elles seront pesées, évaluées, et vous recevrez un chèque dans les plus brefs délais.... »
On est où là ? Ma grand mère Ouçanoumène aurait dit : on néoula ?

(texte 64)

Je suis pour la reconnaissance, quarante ou soixante ans plus tard, d'un Etat Palestinien.
Les discussions durent depuis des années.
C'est autant de gagné pour Israël. La Palestine est toute petite.
Elle menacerait le monde, l'Orient, le Moyen Orient, et qui commande ? Abbas, ou Obama ?

Fructidor (Août/septembre 2011)

(texte 51)

« L'homme est un animal capable de se souvenir de son grand-père. »
cité par le professeur Jean Bernard

Mon grand-père qualifiait souvent les informations d'histoires à dormir debout.
Il est vrai qu'à l'époque, et je saurais encore le chanter, on pouvait entendre ceci : « Radio Paris ment, radio Paris ment, radio Paris est allemand... »
Donc, je m'endors debout à entendre un conte sur la mort des sangliers de la baie de Saint Brieux. Ils sont une bonne quarantaine, paraît-il, et ce chiffre prouve déjà une chose : ce ne peut être à cause des algues vertes.
Un champ ravagé par les sangliers, qui déterrent le maïs, fouillent le sol sur des dizaines de mètres carrés en une nuit, c'est possible.
Le propriétaire du champ cultivé se désole : sa ruine est proche.
Alors que fait-il ? Il empoisonne les sangliers avec des produits à base d'anticoagulants ou de pesticides en vente libre. C'est tout. C'est juste.
Il existe une chanson bretonne, composée par Renaldo Hahn, que je peux encore chanter :
« Le pauvre laboureur, il a-t-y bien du malheur, toujours vêtu de toile, comme un moulin à vent, le pauvre laboureur, il a-t-y bien du malheur... »
Mais les chasseurs, que font-ils ? Pas de battue Préfectorale préventive ? Non.
Une élue écolo, ancienne Juge d'Instruction, dénonce l'Omerta Gouvernementale au sujet des algues vertes. D'ailleurs, le Président lui-même leur a rivé leur clou, aux écoles, et au public.
Le terrain de l'opinion publique est prêt. Erreur de pesticide. On a même tout expliqué à la radio. Trop de pesticides légaux dans une terre, pour la protéger.
Les animaux sauvages font leurs ravages. Les pesticides et anticoagulants donnent soif. Ils vont donc dans l'estuaire. (de l'eau de mer ?) Et ils en meurent encore plus vite, l'eau activant le processus mortel.
Dans une semaine, nous aurons les résultats de laboratoires.
J'ai peut-être, j'aurais peut-être écrit deux histoires à dormir debout la semaine prochaine, avec les résultats, mi-août, de la science.
Merci grand-père.

(texte 52)

Je viens de donner quarante livres.
Fidèles compagnons, même de ma malvoyance.
Camus est là. Il s'en va. L'homme révolté part ailleurs. Tout ne tiendra pas ici au rez de chaussée.
Je n'apprécie pas Monsieur Sarkozy, je l'ai déjà écrit, à cause de sa pratique du mépris. L'oralité de son mépris. La racaille. Le karcher. Le on. Et j'en passe.
En Israël, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont tout d'un coup manifesté contre la vie chère, la vie toujours en guerre. Et qu'ai-je entendu dire de ces manifestants, dont beaucoup de femmes qui ont fait la guerre en tant que militaires mobilisées :
« Ce ne sont que des fumeurs de narguilé et des gratteurs de guitares » (autre version : joueurs de guitare)
Voilà ce que je méprise. Camus parle de facisme en politique.
Mépris des autres, je méprise ceux qui méprisent en politique.

(texte 53)

C'est dans la plus grande discrétion que la France se couvre de nouveaux centres de rétention, barbelés, électrifications, miradors, on pourra y accueillir des enfants.
Tout doucement ce pays glisse vers la légalisation d'un racisme tranquille et salutaire.
On est bien loin de la Norvège.
Nos centres de rétention seront cetainement les meilleurs.
Il faut y croire, même si la France est régulièrement condamnée pour la « qualité » de ses prisons.

Thermidor (Juillet/août 2011)

(texte 46)

L'assistanat c'est le cancer de la démocratie.
Nous devons lutter avec acharnement contre « l'Etat Providence ».
J'ai entendu ces deux phrases sur deux antennes radios françaises. L'une est d'un parlementaire, l'autre d'un assassin. Depuis je réfléchis.
Entendu ce matin, il pleut des phrases, ceci : Madame Le Pen vient d'exclure un élu qui déclare sur internet son admiration pour Monsieur Anders.
Il faut le considérer comme une icône. Enfin entendu ce matin la Ministre du Budget déclarer que ce monsieur de Norvège est fou.
Des fous comme ça, j'en connais beaucoup et je pense qu'un homme qui fut longtemps apprécié, écrivit en prison un livre qui s'appelait Mein Kampf.

(texte 47)

Il était une fois sur la plage un petit Nicolas qui parlait devant un champ d'algues vertes.
Il faut cesser d'agresser nos agriculteurs qui font un travail formidable...
Il était une autre fois un petit François qui fut chargé par Nicolas de prendre des mesures pour qu'on ne parle plus des algues vertes et des agriculteurs.
Il était une fois un cavalier qui sentit soudain son cheval s'affaisser sous lui. Le cheval était mort. Le cavalier eut le temps de se sauver, je crois. Le cheval avait respiré de l'hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en décomposition.
Il était une fois un chauffeur de pelleteuse qui pelletait des algues vertes mortes. Il avait sur lui un dosimètre qui lui indiquait le seuil dangereux de gaz qui montait du sol.
Il était une fois des sangliers qu'on trouva morts près d'une plage.
Le petit Nicolas, le petit préfet, le petit maire, les petites gens devaient ne pas croire au danger des algues vertes.
Les agriculteurs sont gentils.
Les petites gens sont gentilles, les marcassins meurent comme nous d'autre chose que ce qui est.

(texte 48)

Merveilleuse époque, on peut vivre dans une zone d'excellence, on peut travailler avec le droit au mérite, on peut faire partie d'un cercle vertueux.
Nous vivons sous un régime politique en devenir irréprochable.
C'est à nous de définir et d'approuver la prochaine règle d'or qui nous sauvera d'une catastrophe.
Quelle catastrophe ?
Un simple défaut de paiement comme il y a trois ans avec une banque aux Etats Unis.
Un défaut de paiement c'est quoi ?
C'est interdit aux petites gens, un défaut de paiement c'est une faillite.
Hier c'était la crise, la crise.
Aujourd'hui c'est la dette, la dette. Personne ne peut plus payer la dette.
On ne peut pas faire autrement.

(texte 49)

Une véritable psychose s'empare de la Norvège : on a trouvé une valise, gare Saint Charles à Oslo. Information radio en boucle en France.
Moi, j'ai vu à la télé des Norvégiens tristes, dignes, déclarer : avoir de la haine, sert la haine.
Restons unis en paix les uns avec les autres.

(texte 50)

Bonne nouvelle en France, programme vacances sur une antenne radio tous les jours le récit d'un crime avec tous les détails, ça s'est passé il y a 30 ans, 20 ans, 50 ans.
Ça c'est une bonne idée pas anxiogène, saine, c'est de l'histoire de France, c'est de l'info, aux heures de grande écoute, plusieurs fois par jour.
Merci radio vacances.

Prairial (juin 2011)

(texte 42)

« Le sexe n'est pas l'amour, ce n'est qu'un territoire que l'amour s'approprie. »
Milan Kundera

Je suis saoulé de ce triomphe absurde de l'info la même partout, hypocrite, qui semble juste, et qui écrase en bombant son torse creux, le vide de la répétition qui vide le crâne, et le dispense de réfléchir avec ce qu'on a mis dedans.
Je suis effaré que pas un de ces bavards ne disent que depuis hier vingtième de Prairial, des détectives privés sont en Afrique pour découvrir la vie d'une femme de ménage, Peul, Guinéenne, afin de trouver tout ce qui pourrait lui nuire « en remontant le plus haut, le plus loin possible » je cite mot à mot, pour l'accabler !
Voilà pourquoi les mines attristées de Monsieur Moscovici ou de Monsieur Valls m'exaspèrent.

Le mépris de la femme est évident, aujourd'hui, il faut que tout soit de sa faute, voilà la règle du bonhomme, et notre civilisation devrait en avoir conscience et publiquement honte.
J'espère qu'ils ne trouveront rien, ces détectives privés si bien payés, qu'une femme d'origine Peul, émigrée aux USA, qui essayait une licence d'histoire, (j'ai appris depuis qu'elle ne saurait ni lire ni écrire !), travaillait dans un des plus luxueux hôtel de New York, un Sofitel, très bien notée par ses patrons, vivant avec sa fille de quinze ans, et pas du tout porteuse du sida comme on l'a dit, et pas du tout divorcée comme on l'a dit mais veuve.
Les millions n'empêchent pas le malheur, la peine.
Mais là où il n'y a qu'une forme de pauvreté, il faudrait de la pudeur pour qu'ils n'écrasent pas à eux seuls la présomption d'innocence de la victime.

(texte 43)

Vue, un peu, et entendue très bien, Madame Isabelle Giordano, de l'émission Service Public, sur France Inter, que j'écoute souvent par plaisir ou colère.

Je sais que beaucoup de gens la détestent, avec son émission. Mais on détestait aussi ce chercheur qui a gagné son procès contre les « industriels de l'alimentaire » qui bourrent de sel fin leurs productions et leur portefeuille.

Je souhaite que ceux qui font la même chose avec le sucre, qui ne porte jamais ce mot sur les étiquettes, tombent sur un chercheur qui les dénoncera. C'est une affaire d'argent, bien sûr. Pot de terre contre pot d'or. Tant pis pour les morts. Mais il y a la justice, parfois, « le cancer des démocraties », selon Berlusconi, expert.

(texte 44) page 228

« Et décidément, il nous faut/ vous secouer dans votre rôle... »
Arthur Rimbaud

J'ai vu un superbe reportage sur la sauvegarde des Prématurés, dans un Institut, près de Paris. Cet organisme va être fermé pour « son intolérable gestion déficitaire depuis des années ...»
On est conquis par cette entreprise, ce qui entoure ces petits presque mort-nés, parfois, et que l'on escorte, si c'est possible, jusqu'à huit, neuf mois et plus si nécessaire avec des parents, des infirmières, de la science, des médecins, des chirurgiens, de la recherche, une humanité qui ne prend pas des habitudes, mais secoue l'inhumanité.
On peut supprimer cela au nom d'un déficit insupportable pour « la communauté » ! Je connais des gens qui gèrent un déficit en constante augmentation et qui n'est pas en Grèce.
Même s'il n'en est pas loin, cela aussi est insupportable, quand on voit l'Argent aller à l'Argent, sans complexe et sans la moindre hésitation.

(texte 45) page 229

Installe-toi bien, Héllène.
Tu m'écoutes ? Ecoute-moi. C'est pour toi que tu travailles. Je vais t'aider.
Si tu m'écoutes tu n'auras pas mal. Allez penche-toi un peu, ouvre grand la bouche, respire par le nez, c'est moi qui donne l'ordre, tu es prête ?
Tu craches c'est tout.
Allez, crache ! Plus fort ! Ca y est, vas-y, c'est bien.
Les Chemins de Fer Nationaux de Grèce ! C'est bien, bravo ! Respire, penche-toi, plus. Cette fois c'est un petit morceau, ça ira tout seul, c'est pour tonton et tata. Tu y es ?
Crache ! La Santé Publique. Très bien.
Tu vois que tu peux. Respire. C'est pour papa. Tu vas cracher la Poste, Héllène, tu vas m'envoyer ça hors du Publique.
Respire, ferme les yeux, penche-toi plus, crache !
Bravo, la Poste !
En plein dans un jardin, en France, en Belgique ou en Pologne. Tu te rends compte c'est merveilleux. Repose-toi, respire. C'est pour maman, pour ton papi d'Ithaque, tes cousins d'Athènes, tous démocrates. Sois fière Héllène, Démocrate c'est né en Grèce ! Ils s'en servent tous ! Tous démocrates.
Penche-toi. Crache-les bien ces trois là, c'est l'Acropole, le tourisme et l'électricité. Allez, penche-toi, respire, tu m'entends ? Vas-y, il faut tout rendre, tu comprends ça, démocrate ?
Il faut rendre la démocratie aux propriétaires des poissons, des hirondelles, des facteurs, des enfants des écoles et des jardiniers. Allez, encore un effort. Une quinte, une belle. Respire très fort, bravo.
Les forêts, les îles, l'hôtellerie, les bateaux, les ports, l'eau potable, plus qu'une quinte. Bravo Héllène !
Même pas besoin de t' appuyer sur le ventre bad pig ! Tu la vois l'Ecole Polytechnique ?
Tu l'as rendue.
Tu la vois la flotte de pêche ? Tu l'as rendue.
Tu la vois la Ceinture d'Or qui va se déserrer autour de la Grèce ?
C'est bien chérie, pourquoi tu pleures ?

Floréal (mai 2011)

(texte 38)
Monsieur Guéan, ex-conseiller du Roi, Ministre des Polices et du dedans des gens, vient de mettre au monde la Patrouille.

« C'est des gens qui...dit-il. Non. Ce sont des gens qui...On les verra. On leur parlera, ils seront partout. A pied, à bicyclette, en rollers, en voiture et à cheval... »
C'est tout nouveau. Cela vient de sortir.
Cela existe depuis vingt ou vingt-cinq ans.
On disait Police de Proximité, la droite disait que c'était une « connerie ».

Le Roi l'a supprimée. Il avait donc tort.

(texte 39)
J'étais sûr qu'on allait reparler de la peine de mort.
Avant hier, Monsieur Guéan a émis publiquement un jugement de Justice contre un délinquant.
La prison à vie, sans sursis, ni rien d'autre.

Cela veut dire : l'élimination.

Il y a un code des peines en France. Un corps chargé de rendre la Justice. C'est à eux de dire ce qu'il en sera. La responsabilité de ce délinquant est réelle. Mais on entend peu les élus faire autant de bruit de langue au sujet de l'ivresse au volant, sinon pour l'annonce d'un nombre de radars planqués dans des voitures banalisées.
C'est l'alcool qui est banalisé. Le tabac, le chômage, la pauvreté.
C'est l'homme qu'un numéro banalise à l'usine, ou au travail.
Après, banaliser la mort comme acte de justice, avant les juges, devient aussi banal, comme le reste de la vie.

(texte 40)
Pourquoi est-ce que je n'aime pas le Figaro ?

Peu à peu, en Oranie, j'avais reçu, découpé par ma mère, un article du Figaro qui expliquait que nous avions reçu des gilets pare-balles (entre autres).
C'était tout à fait faux.
J'avais encore mes souliers montants de cuir noir à semelles de clous...Les tenues de combat étaient disparates et rares.
Nous sortions en tenue de drap, la « de Lattre », avec blouson, très chaude, et nos chaussures civiles...
Sur le courrier reçu en enveloppe civile, avant la mention militaire des secteurs postaux, figurait la flamme des postes « Donner son sang, une obligation ? Non, un devoir ».

Elle est toujours dans mon journal de l'époque.

(texte 41)
Florial, oeufs de Pâques et bruits de cloches.
Patron, Manager, Salarié, actionnaire... Yes, they can.
Tout ça marche en une seule personne. C'est légal.

CAC 40. On peut gagner huit millions d'euros par an, (c'est trop, beaucoup trop, dit un grand patron).
Mais c'est légal.

Germinal (avril 2011)

(texte 29)
Il fallait que le Ministre de l'Industrie Eric Besson prenne à son tour la parole au sujet du Nucléaire au Japon. Les grenouilles que nous sommes doivent savoir que la situation du Nucléaire au Japon, « ce n'est pas Tchernobyle. OK ?

Ce n'est en aucun cas Thernobyle, c'est clair ? Cela n'a rien à voir avec Tchernobyle, d'accord ? » Oui, chef.

Mais juste avant Tchernobyle, au premier jour de Tchernobyle, on nous a déjà dit ça. Même après.

Le nuage ? Quel nuage ? Ah ! Le nuage ? Mais il n'a pas survolé la France. OK ?

Il s'est arrêté avant. C'est bon ? Avant la frontière. C'est clair ?

Le chef expert était Alain Carignon. Ministre de l'Environnement.

Et vous savez quel est le pays qui a renvoyé les lavandes de la Drôme, à cause de leur teneur en atomes nucléaires ?
Le Japon. OK ?

(texte 30)
Est-ce au Japon que le Nucléaire est en train de payer la note de la peur qu'il engendre ?
On frémit aux vapeurs, aux nuages, à la mort lente qui se ballade avec le vent, alors que nous avons aussi, sous les pieds, des milliers de containers bourrés de déchets qui tiendront le coup mille ans, bien plus qu'un tonneau de fer, ou les vingt cinq ans d'une génération ! (Je ne recopie personne)

(texte 31)
Comme dans toute épicerie, les mauvaises nouvelles sont celles qui font vendre le mieux, avec les fausses bonnes nouvelles.

(texte 32)
Un scientifique ne peut pas tout savoir.
Même s'il est très « pointu », ce savoir de pointe peut lui masquer des éléments de sa recherche.
Mais un scientifique doublé d'un commerçant, c'est grave.

Les E.P.R. ça tient dans une mallette de représentants de haut vol, qui font des rabais à la vente. Dans le domaine nucléaire, on commence à le voir.

(texte 33)
Dans le domaine de la santé, la mallette habillée, ça marche.
Ferme ta gueule pour mille dollars, ne va pas en justice, ou double tes revenus et crève comme tu veux après, plus maigre qu'avant, donc guéri.
Quand j'aurai le temps je recopierai mes notes sur l'eau. (la vente)

(texte 34)
J'aime assez les réflexions de Régis Debray sur la différence entre intellectuel et écrivain.
Pour lui, l'intellectuel dans ses analyses, son écriture, cherche à transformer son environnement politique, économique, artistique, culturel et autres. Il travaille « sur le moment », comme un journaliste.
Pas l'écrivain.
L'écrivain, avec l'Amour et la Mort, peut travailler les mêmes thèmes qu'un intellectuel. Mais il n'est pas tenu par le temps. Son oeuvre n'est pas pour un temps d'écrivain. Elle le dépasse ou disparaît.
Ici même, je n'écris pas pour demain, un blog immédiat, dont la nouvelle aurait une vitesse qui ressemblerait à de la hâte, à un monopoly en fonction presque immédiate de sa pratique. Je tiens le journal d'un temps qui n'est pas que le mien.
Cela finira peut être au feu ou à la poubelle. Ou sous les yeux de quelques lecteurs qui liront une sorte de roman, proche de l'histoire des autres.

(texte 35)
Je repense à Anna Arendt, philosophe. Naissons-nous mauvais ?

La monstruosité de l'humanité est-elle banale, ou même normale ? Je ne le crois pas.
Mais la vanité, l'orgueil, l'égoïsme font souvent partie de la « formation » sociale. Il existe bien un déterminisme social. Dès la naissance.
Dans le sens du pire ou du meilleur : la société peut corriger, guérir, apaiser des maux de violence, si elle s'en donne les moyens, le temps, et l'amour.
Des expériences faites sur vingt ans, comme au Canada, le montrent. En France de 2011, la Présidence a choisi, dès l'âge de trois ans, le dépistage sécuritaire, le repérage policier, la santé Préfectorale plutôt que la santé médicale.

(texte 36)
Un livre vient de sortir, à la Découverte, sur les grands communiquants. Les grands souffleurs du théâtre. Qui soufflent le texte aux comédiens.
Présidents, ministres, élus, Patrons CAC quarante. C'est effrayant. Le pouvoir de ces souffleurs, partout, et surtout en télé.
Et ça coûte cher le bon souffleur ! Je frémis en entendant quelques noms, souvent rencontrés chez moi, le soir, dans une émission toute simple.
Mais je le connais celui-là ! C'est effrayant, l'ombre d'or des coulisses.

(texte 37)
« Le plus sot endroit où l'on puisse fourrer son museau, c'est une muselière. » Victor Hugo

De muselière, Victor, je n'en ai pas. Même pas mon chien. J'écris ce que je pense dans le silence d'une maison qui prend encore froid le matin, avec sur le dos un vieux pull qui ne protège pas d'une santé qui s'effiloche et pas qu'au pas des mouches.
Mon écriture donne encore une armature à une santé de flanelle où j'avance avec des prudences qui me troublent.
Une certitude dans ce journal de germinal qui met des fleurs de rien dans le jardin, des pissenlits, que c'est banal et beau !
Je regarde cette demi page déjà fatigué, et je me dis que j'ai fait ça quand même, à côté du soleil, et que sans être comme on dit « du peuple » de la chaîne, du ménage, du peu de salaire, je suis quand même du front populaire, du CNR, et aujourd'hui du Front Républicain.
Et aujourd'hui francomusulman, en un mot, francoespagnol, francoétranger et francojuif et francorien.
Mon reproche de ce matin au Président de la République, c'est qu'il a divisé la France en petits coins, de l'un à l'autre, et ce que je lui reproche le plus, c'est de faire cela avec arrogance et mépris, dans une enflure présidentielle qui plaît à ceux qui croient encore, qu'elle grandit celui qui la vante.

Germinal (mars 2011)

(texte 21)
Vingt septième de Pluviôse.

Les Jasmins ont des épines en Egypte. On coupe ce qui pique, et quelques fleurs.
Les plantes vivaces ont la tête dure.
L'Amérique, la France, demandent au Président Moubarak, quatre- vingt- deux ans, d'aller doucement avec la révolte.
Mais ce pharaon a un fils, un Moubarak II, tout prêt pour l'arène, des réformes plein les poches. Et une bonne police au jardin. L'histoire triste se répète.
A bas la pauvreté qui ne sait pas régner, et que vivent les Palais, qui la font survivre en Egypte, en Tunisie, au Sahel, en Algérie et au Maroc.
On a le droit d'aller passer quinze jours au Maroc, à la Mamounia, non ?

(texte 22)
Venise ? Cannes ? Deauville ?
Non. DAVOS.
D'abord, deux mille cinq cents financiers, chefs, ministres, une masse de fric pour payer l'inscription, l'entrée dans la salle, une prise de parole. Des centaines de milliers d'euros par tête...Le Tsar de Russie, le Roi de France, Seigneurs et Princes des Royaumes, abolitionnistes de la taxe Tobin, une horreur, mondialistes distingués, blanchisseurs de col de chemise, passeurs, économistes élégants, Davos, l'avenir de l'humanité mondiale va tourner un film.
Dans ce film d'autres vont tenir les rôles secondaires. Dans les usines ou les rizières ou au Sahel, en Asie, en Afrique ou aux Indes...

(texte 23)
La Tunisie va-t-elle comme en France, procéder à un remaniement ministériel révolutionnaire, à 360 degrés (sic Madame Lagarde) c'est à dire en revenant exactement sur sa position de départ ?
Ce serait risquer la Révolution, la vraie.

(texte 24)
Si un pauvre d'Egypte, ou un pauvre du monde entier, pouvait tenir le journal quotidien de sa pauvreté, le monde entier serait révolutionnaire.
Mais il faudrait que chaque être humain sache lire et écrire. Qu'il ait du papier, et du temps, et une table, ou presque, une chaise, un toit peut être.
Mais il faudrait que ce journal, pour être lu par tous, soit publié partout.
Par qui ? Par ceux qui ne parlent jamais de la pauvreté ?
Mais toujours de l'économie ?
Il faudrait que le pauvre qui tiendrait un journal de sa pauvreté, puisse se présenter aux élections dans un pays démocratique......
A Davos, ça existe, un pauvre ?
La vie c'est où exactement ?

(texte 25)
« Ce qui compte, c'est le chemin. Pas l'arrivée. » Parole sympathique de l'entraîneur de l'équipe de hand-ball, avant son match de championnat du monde, ce soir.
Pour l'Info, on se fout bien du « chemin ».
Ce qui compte, c'est le résultat. Pour le chemin, il faudrait y penser en plus !

(texte 26)
Le Qatar, grand pays de sport....ou grand pays d'argent ?
Ils vont même vendre des stades préfabriqués à des petits clubs étrangers qui en manquent, comme la France.

(texte 27)
Ce qui occupe le monde entier, c'est le partage des richesses.
Voilà pourquoi la France, les USA et d'autres recommandent au gouvernement Egyptien de faire preuve de modération avec les pauvres et même les moins pauvres.
Surtout en tapant trop fort, éviter de les mettre au pouvoir.

(texte 28)
A Davos, au G7 de Deauville, au G20 de Cannes, je suis au bas de l'escalier, derrière un cordon de police, d'accord avec le Président élu : il faut se battre avec la taxe Tobin, quitte à l'appeler taxe Nico, et à exiger que ces milliards n'arrivent pas au FMI, mais aux pauvres, au nom du Partage des Richesses, régulé et sous contrôle....

Ventôse (février 2011)

(texte 18)
En écrivant ces lignes, je repense à la mort de Lumumba, notée l'autre jour. Congo belge.
Le nationaliste Lumumba est exécuté. Avec « deux acolytes ». Règne de Mobutu, Kasabuvu. Ordre de couper le corps en morceaux.
Dissolution dans l'acide sulfurique. Un cadre de la police arrache deux dents d'une « très belle denture ». sic. Elles seront gardées dans une maison comme trophée. Puis jetées dans la mer du Nord. Non. Enterrées dans le jardin de la maison du propriétaire des dents. Il est parti se marier à Lourdes.
Il est mort là-bas d'un infarctus. La veuve vend la maison. Avec les dents dans le jardin. Non.
Un pélerinage africain a toutefois lieu devant la mer du Nord. En mémoire de Lumumba. Merci à Daniel Mermet. Je sortais de l'hôpital, en ambulatoire, effondré dans un fauteuil, à la maison.
A l'écoute de « là-bas si j'y suis ».

(texte 19)
J'ai écouté NS.
Il explique les crises bancaires. Plus de deux cents, en peu de temps.
Il sourit presque.
J'imagine les « banques » comme un organe situé en dehors du corps. Un cordon certes, mais bancaire, les relie au corps. La banque a encore une crise grave. Et c'est le corps qui souffre.
Qu'est-ce qu'on peut faire ?
Ma grand-mère disait cela très bien : Où cela nous mène ?, pour moi : ouçanoumène, c'était elle.
En 2008,« les caisses étaient vides ». Ventôse 2011, c'est pire.
Mais G8-G20, la guérison ? Grand-mère est morte.

(texte 20)
Le Président explique qu'on n' a pas ouvert le chemin mondial aux marchés. Erreur !
Il fallait d'abord réguler les marchés dit-il.
Maintenant, on va réguler.
Qui on ? Qui rêvait de mondialisation?
J'avais dix ou douze ans. Les Altermondialistes proclamaient la taxe Tobin sur les revenus financiers comme remède à la caisse vide.
Seulement 0,0 et quelques pour cent. Mais on est contre, au G deux, ou trois, ou plus, à Genève ou ailleurs, avec des milliers de policiers pour soutenir G5, ou 6, ou 7 contre Tobin.
Aujourd'hui, c'est bon. Le Président va se battre pour la taxe Tobin.
Et cette fois, avec Carla, c'est du sérieux. Pas besoin de le dire. Le monde le sait. Même grand-mère. Mais à deux jours de Davos on, (qui on ?), en parle déjà presque plus.

Pluviose (janvier 2011)

(texte 14)
Parfois on me demande si je crois en Dieu. On m'affirme même que j'y crois vu ce que j'écris. Je ne peux pas parler de Dieu, parce que je l'ai appris par coeur.
J'ai écrit un poème dans « LA LAMPE SOUS LE BOISSEAU ». Dans ce poème j'écris ce en quoi je crois qui m'émerveille, et j'écris ce n'est pas Dieu. On peut apprendre Napoléon, parler sans fin de Napoléon, on ne peut pas en faire autant de Dieu.

(texte 15)
Platon philosophe est entré en politique (Aréna) en tant que philosophe et pas en tant que politique. C'est ce qu'il dit lui même.
Enfin un scientifique connaisseur et admirateur de l'espace, émerveillé par les choses de l'espace, comme on peut l'être aussi d'un Petit Poucet, lèvera les bras au ciel si on lui dit tout d'un coup dans une conversation, parlez-moi de l'espace, alors que lui-même est émerveillé par le fait qu'il ne sache pas où l'histoire commence et comment elle s'achève.

(texte 16)
Troisième de Pluviose.
Beau, froid et sec. La Transparence ! Quel beau substantif !
Vanté partout, dans toutes les branches et pour toutes les oreilles et pour boucher avec malignité les esprits pas trop avertis.
La Transparence, comme le ciel, et la mer, l'air et l'eau, a ses transparences, qui peuvent être bleues ou noires. Pour un Etat, Royal, Républicain ou les deux, Républicain et Dictatorial, ça arrive, la Transparence serait la Vérité.
Mais toutes les vérités, en politique, ne sont pas bonnes à dire. On peut, pour le bien des autres, en tenir quelques- unes au secret. Ce n'est pas un « péché », selon les religions, mais de l'intelligence, de la santé, voire de l'amour.
En affaires publiques, c'est du respect par amour. On omet une part de la Transparence. Omission. Mais elle plaît à « Dieu ». Il y a pire.
Dans le gâteau entier de la Transparence, on coupe une tranche, valable et bonne pour les populations. Et on leur offre cela en pâture ou comme dessert, ou pour l'entrée d'un bon repas, (qui n'aura jamais lieu) et, ivres de vérité, les populations se jettent dessus. Et elles avalent une vérité qui leur ment. L'essentiel tient dans la digestion. Il est souhaitable que la découverte qu'on a vraiment gobée, pour de vrai, comme disent les enfants, ne soit découverte que plus tard, voire trop tard. Auquel cas pour rétablir la Transparence, on mettra en place un banquet, qui peut être verbal, où l'on rajoutera une louche de faux, pour de vrai, au nom du bonheur des gens.

(texte 17)
« L'idée même de l'Amérique repose sur l'espoir de gagner de l'argent, puis de faire plus d'argent et enfin avec cet argent, de faire énormément d'argent avec beaucoup d'argent. » Paul Erdman

Et quand cela rate énormément, à cause d'une banque, et surtout des « clients » en grand nombre, cela fait ce qu'on nomme une crise, une pandémie, dont seuls les gens qui sont en plus grand nombre, souvent pas riches ou souvent pauvres, peuvent assurer la guérison.

NIVOSE (décembre 2010)

(texte 13)
Les marches d'un Palais en pierre. On a enlevé les tapis rouges, les estrades, les bouquets de câbles, les micros et les projecteurs. Eclairage de pluie sur ce quinzième jour de Brumaire.
On a joué hier ici, avec la nuit. Une foule s'agitait ici, achevant d'interpréter une pièce remarquable, mais de qui ? Ionesco ? Beckett ? J'aime bien.
Des fils descendent d'un ciel bas, inutiles. On a enlevé les marionnettes. Ou elles se sont sauvées. A moins qu'on les ait poussées dehors.
Emportées dans une grande limousine noire, parce que mortes. Les choeurs, mêlés à la foule démocrate et républicaine des badauds, sont partis au dernier coup de baguette d'un chef en smoking. Ils chantaient Marchons Marchons, c'étaient les ordres.
Soudain un fantôme élégant, en complet trois pièces, traverse l'espace, à pas lents. Il avance dans le vide resté là pour lui, ministre devenu solitaire, sans espérer qui que ce soit.
Je vous aime, je vous aime, laissez- moi vous aimer encore, amis de combats et de victoires sacrées républicaines. Mais le silence l'habille.
Et soudain, il tombe dans la trappe du souffleur. Il y a donc encore une cabine de souffleur au Grand Théâtre de l'Elysée ?
A l'époque de l'oreillette pour comédiens oublieux de leur texte ? Seigneur, crie-t-il, mon Prince, mon Roi, m'avez-vous donc abandonné ?
Quelqu'un, dans les coulisses, tire un grand rideau rouge. On entend la trappe qui se referme. Qui est tombé dedans ? Qui donc est le souffleur ?

Bas de l'escalier (manuscrit pages 80, 81, 82).

Pour Brumaire (novembre 2010)

(texte 10)
Nagoya. Japon. La Bio-Diversité ! La Planète à protéger. Un monde à sauver. Je saute sur ma chaise ! La Bio ! La Bio ! La Bio ! Vas-y Charles.
Et bien j'apprends qu'à côté du film, qu'on va nous montrer, nous raconter, il y a une réalité bien connue, et très discrète : toutes les Banques sont prêtes, ainsi que des multinationales et des fonds d'Investissement, à sauver notre Mère la Terre.
Un exemple : la General Motors, grande société américaine, vient d'acheter une forêt au Brésil. Pour le bonheur de la forêt, de ce qu'il y a dedans, dessous et dessus. En compensation d'un droit de dégager un peu plus de CO2 dans l'atmosphère. C'est légal. International. Financièrement au point. Un pays peut vendre un parc national protégé. On peut tout vendre.
La Chine achète des territoires immenses en Afrique pour cultiver. Achat qui comprend aussi les gens qui vivent là. Des producteurs de cosmétiques, mondialement connus, ont dans leurs stocks des millions d'espèces de plantes.
J'ai entendu vingt cinq millions de la bouche d'un Patron, français, Yves Rocher. Mais il y en a bien plus au Pérou, en Afrique, partout. Il suffit de mettre la main dessus, immense profit en vue du progrès, de la science, de la médecine, de la lutte contre la faim, c'est déjà conclu avec les organismes financiers, disons sommairement les Banques.
Et s'il y a des êtres humains dans la forêt General Motors du Brésil ? Bof ! On les protégera. On a bien protégé ceux du Pérou, fâchés de voir des mines s'installer sous leurs arbres. On leur a d'abord envoyé la police, qui a tiré sur ce désordre.

(texte 11)
Parfois, je me dis je me trompe.
Ma note est fausse. Insuffisante.
Mais l'écoute de deux émissions scientifiques et d'un reportage sur Nagoya, me rassure.
Je suis loin de savoir tout, puisque tout se fait, s'est fait, en douce.

(texte 12)
« Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience. »

JEAN JAURES

Nouvelle nouvelle : la lettre reçue par les Compagnies de Navigation Corse était adressée non pas à ces compagnies mais au Préfet. Elle est destinée à tous les marins de France, pêcheurs et autres. Elle dit le contraire de ce qu'affirmait le Premier Ministre avant hier et le Président hier, à savoir la retraite à cinquante cinq ans, la reconnaissance de la pénibilité du travail appelée dans la réforme incapacité avec un pourcentage fixé à l'avance.

VENDEMIAIRE pour PLUVIOSE

ATTENTION :

Les citations qui figurent entre les paragraphes de ce journal sont tirées du quotidien L'HUMANITE. Remerciements ici à Monsieur LE HYARRICK et à Lin GUILLOU secrétariat général, pour m'avoir donné l'autorisation de les utiliser.

A chaque fois que je m'intéresse à la vie sociale, je le fais donc avec une pensée de Jean- Jacques Rousseau, de Montesquieu, d'un physicien, d'un chercheur, d'un chanteur ou d'un voisin.

(texte 6)
Etonnement ou stupéfaction. Le soir même, un JT nous présente un chercheur en sociologie, qui annonce sa découverte : le taux de délinquance en France, dans les populations étrangères est plus fort que dans les populations autochtones, ou associées.
C'est à dire, graphique à l'image, le Mali, le Niger, et carte à l'appui, les populations d'un territoire, je cite : «grand comme l'Europe». Tout cela avec la bonhomie de la neutralité scientifique, qui prouve les choses. La science est toujours partielle et provisoire, je le sais. Mais là, en langage populaire disons que cela «tombe plutôt bien».

Monsieur Hortefeux dit quelques mots à la France, sous la Tour Eiffel, réponse à une fausse alerte à la bombe qui a provoqué le retrait obligatoire de deux mille touristes. Il a parlé du plan Vigi Pirate, conforté, renforcé, et de menaces précises.

(texte 7)
J'avais noté il y a quelques temps la prolifération de sociétés privées en Irak et en Afghanistan. Et j'apprends que ces sociétés de police et surveillance armée «marchent bien», et que, au Niger, AREVA en utilisait une pour la protection de son personnel, forte de cent cinquante hommes, non armés...soutenus par des militaires Nigérians.
Pour protéger le personnel d'une des plus grandes mines d'Uranium du monde, et avec tout ce qu'on nous dit, ici, sur la sécurité, on croit rêver d'un jour à l'autre ! Le dit personnel rentre en France, et parle. Pas de police nationale (la gendarmerie ?) sur place. Les propositions Nigérianes auraient été refusées. C'est où le Nord Niger ? Qui dirige AREVA ?

(texte 8)
J'ai bien regardé, et bien écouté, le Président N.S. s'adressant aux téléspectateurs. A midi, et le soir, pour m'assurer de ma note.
Il dit bien que Madame Merkel l'a informé de son intention de régler le problème des camps en Allemagne (donc elle le soutient) et il ajoute une phrase à son alocution : «On verra bien le moment venu quelle sera la réaction des Allemands.»
Sur ce dernier mot, il baisse la tête vers le pupitre et rit...C'est terrible, ce rire.
D'autant plus que l'on sait que son entretien avec Madame Merkel a été plutôt tendu, que l'on sait qu'il n'y a pas de Roms en Allemagne, mais des Kosovars, exilés, qui posent des problèmes, oui, et signent un contrat, en arrivant, avec les autorités Allemandes.

(texte 9)
Que des bonnes nouvelles d'abord, ce premier jour de la troisième décade de Vendémiaire. Nicolas, Carla et le petit Louis ont rencontré Angela, à la veille d'une grande réunion mondiale à New York. Toutes les radios télés et journaux l'annoncent. Je l'ai appris à six heures du matin, à mon petit lever avec mon chien : sourires, gentillesse, ambiance chaleureuse, « tapotements sur l'avant bras » (sic) il n'y a jamais eu de problème entre Sarkozy et Merkel.

Cela me remet en mémoire une chanson de mes dix ans :

Lundi matin, le Roi sa femme et le p'tit prince,

sont venus chez moi pour me serrer la pince

....

le p'tit prince a dit

puisque c'est comme ça

nous reviendrons mardi...

 

FRUCTIDOR 2010

(texte 1)
Monsieur Chatel, Ministre de l'Education Nationale, et porte parole du gouvernement a pris la parole à la maison, via la radio et la télé, au sujet du prix du paquet de rentrée scolaire. Avec beaucoup d'adresse, il a démontré qu'il coûterait moins cher que le paquet précédent, grâce à des accords intervenus entre son Ministère et la Grande Distribe, comme on dit.

L'année dernière, Monsieur Chatel, en tant que Ministre de l'Education Nationale avait, à l'occasion de la rentrée scolaire, rendu visite à l'improviste, à un marché de la Grande Distribe. C'était superbe. Présentoirs, tables, tout était neuf, bien rangé, et moins cher. Les ménagères (le mot n'est pas de moi) souriantes, achetaient moins cher, pour lutter aussi « contre l'inflation ». Elles bavardaient en tant que mères de famille, avec un Ministre heureux, tout l'imprévu de l'événement fronçait le sourcil, hors la crise.

Tout était faux. Les étals et présentoirs avaient été vidés la veille par le personnel. On avait mis en place du matériel moins cher. La direction, en accord avec les services du Ministère, avait accepté le rendez-vous, fixé l'heure d'arrivée surprise de la télé et les compliments d'une cliente, reconnue le lendemain comme élue UMP d'une mairie voisine.

Aujourd'hui, fin Thermidor 2010, je crois en la parole du Ministre. Le prix de la rentrée scolaire a encore baissé. Grâce au paquet scolaire mis au point avec la Grande Distribe. Sauf que les paquets ne sont pas les mêmes selon les enseignes.Ici, un papier pour cahier de quatre vingt grammes, blanc. C 'est bien. Mais là, du soixante dix, voire du soixante, qu'un stylo bille enfonce ou écorche. Ici, un stylo difficile à ouvrir et à fermer, là un bon. Ici un cartable à main à sept euros, ailleurs un cartable à dos, garanti avec des bretelles incassables, montées solides sur du tissu : pas cher du tout, un peu plus cher, cher comme avant. On ne compte pas encore le prix des livres, pas encore parus, les programmes ayant changé.Je ne vais pas à l'école depuis soixante treize ans. Mes petits enfants y vont. Les mamans disent : cela a encore augmenté. Mais c'est comme pour le jambon, elles ne savent pas ce qu'elles disent.

(texte 2)
Faut-il encore enseigner l'histoire (et la géographie) ? Faut-il oublier, Monsieur Chatel, dans l'anecdote historique censée éclairer elle aussi, l'histoire ou l'Histoire ? Qu'est-ce qui dérange Monsieur Chatel ?

Qu'un Breton*de classe paysanne apprenne seul à écrire et à lire pour raconter ensuite toute une vie qui est un enseignement sur la vie religieuse, la vie sociale, la conquête de l'Algérie, la guerre de Crimée, la pauvreté, tout cela au nom de sa seule vérité, qui sera lu par deux cent mille personnes ?

Que des soldats de 14/18* racontent leur vie, la guerre à leur façon ?

Que des soldats en Irak envoient des films à leur famille ? Aucune photo d'usine atomique, bactériologique ou autre, dont pourtant Monsieur Bush affirmait l'existence.

Faut-il laisser l'histoire à des historiens reconnus par l'état ou en confier l'analyse à des chercheurs qui n'ont pas pour mission que d'écrire ce qui a été.

* "Mémoires d'un Paysan Bas-Breton" Jean-Marie Déguignet 1834/1905 - Editions An Here 1998.

"Lettres de Poilus" Poche

(texte 3)
Les informations produites par diverses officines ressemblent à des soins médicaux diffusés aux bonnes heures et la nuit. Une ordonnance ouverte à tous. Prends ça et avale. Pendant le repas. Après le repas. Avant. Le matin, la nuit. Prends ça et avale.

(texte 4)
Pluie de sondages. Nous sommes en 2012. Si j'étais un homme de droite, je souhaiterais la victoire de Strauss Kahn. Parce que les socialistes le feraient ² élire (dans un sondage) tout en déclarant que la victoire des socialistes ne serait pas différente de celle de la droite (dans un autre sondage).Dans un autre sondage, le Président serait battu par tout le monde. Où ça nous mène ? disait grand mère. Qu'est-ce qu'on peut faire ? disait ma gentille voisine Colette. Je tiens une réponse du Palais, au moins pour Colette : On ne peut pas faire autrement.

(texte 5)
Qui ne se serait pas réjoui de la réussite de l'attentat contre Adolph Hitler ? Qui n'a pas regretté un moment son échec ?

Depuis longtemps contre la peine de mort, je ne me suis pas réjoui de la condamnation à mort d'Eichmann, en Israel, ou de l'exécution sommaire de Mussolini et de Clara Petacci.

Mais ces gens me font encore horreur. Franco signait des peines de mort près le dîner et c'est sa femme qui lui présentait les dossiers. Etait-ce vrai ? Le garrot est vrai. On peut penser à la mort, mais on ne pense pas assez à l'acte, ou à cette idée, et en y pensant, on a des raisons plus belles que l'idée, à y retourner. J'ai vu, à dix ans, l'exécution au milieu de la rue de Lyon, déserte, de deux jeunes gens, par un seul homme, en tenue de l'Africa Corps allemande. Et huit jours après, l 'exécution d'un  « milicien » traîné tout au long de la rue Traversière, Paris XIIème, jusqu'au pont de feu de l'avenue Daumesnil, il n'était pas encore mort. Je n'en savais rien. Mais l'effarement de voir des hommes et desfemmes le frapper, le lacérer, viser la tête de coups de leur talon ! Je me sauvais, quand la rafale a éclaté. J'étais rue Parrot, à l'angle Félix Potin, et je n 'ai rien dit de tout cela à la maison. Je l'ai écrit dans un livre, à plus de soixante ans. Et je ne parle pas de l'Afrique. J'en avais vingt deux et vingt trois. Et aujoud'hui j'y pense encore.

PARU :

 

POESIE :

L'OEIL DEPLIE,
images et textes : Atelier du Guy
Editions du Jasmin juin 2010

«(  ...)la genèse de cette histoire était déjà un poème avec la matière de sa composition :pétales de fleurs comme ailes de papillons massacrés, et mots de poèmes disloqués dont la cohérence est profonde. L'étrange est que tout cela est beau et pur, sans désespérance. Une confiance aux yeux crevés, mais qui ne préjuge pas d'une lumière intérieure.(...) 

  « L'oeil recommence à vivre sauvé d'apprendre à lire ailleurs qu'avec sa tête »

« (...)le stupéfiant éclat de ces souvent rouges collages de pétales sur ces bouts d'écriture martyre. Il s'opère comme une espèce de glorification qui rédime les débris de manuscrits.(...) »
J.B. Écrivain

« (...)le dialogue ou la complémentarité entre le texte et l'image alimente tout au long cette décomposition/recomposition, jusqu'à l'envol sur le fil du linge.(...) »
D.B. Historien, Professeur de Lettres


VOUS ÊTES ICI
Rareté des Sept Collines N° 41
Philippe de Boissy, intervention de Véronique Ratat. Jean-pierre Huguet Editeur.
Janvier 2010.

RECIT :

LE JARDIN APRES LE JARDIN
Carnet des Sept Collines N° 37. Jean-Pierre Huguet Editeur. Décembre 2009.

EXPOSITIONS :

Mémoire de mer (peintures)
Paroles jetées par la fenêtre (textes)

DROL'2 design - Beaurepaire juillet 2010

 

29ème Salon d'été
Epinouze juin 2010
(Philippe de Boissy/Jean-Pierre Renaudier)

Exposition collective :
chez Gérard Chatain,
céramiste-sculpteur, Languicolet.


Bleu :
Médiathèque Saint Jean de Bournay mars 2010

EN COURS LITTERATURE :

 

Panneau de signalisation Pyrénées françaises photo M.C.R

LE PAPY DES CAILLOUX-
roman jeunesse.

Après la défense du loup, la défense d'un ours.

LE BONHEUR D'APRES
roman (ancien titre Le voyage d'hiver)

Une histoire d'amour et de musique qui se clôt en forêt en hiver autour de la Grande Chartreuse en Isère. En contact d'éditeur.

«Les larmes sont l'extrême sourire.» Stendahl


DIS-LE À TON MOUCHOIR
récit.

Un vieux soldat sauve un petit chat et s'en fait, grâce à Franz Schubert,un ami. La mort, la guerre et la vie sauve.


LA GRANDE MAREE
récit

Récit réel de la vie quotidienne à Ars en Ré et à l'Ile de Ré.
Réédition souhaitée du texte original accompagné de quinze aquarelles de Marie-Paule Guimier. Nouveau format à l'italienne.


CONTES DE MA BARQUE
dix contes modernes, réels et merveilleux.

Ca se peut et ça ne se peut pas. De la Bretagne à la Chine.


NOUVELLES D'ELLES
quinze nouvelles d'elles.

Petite fille, jeune fille, jeune femme, femme, vieille femme. En lecture d'édition.


UN CORPS EXTRÊME
poèmes.

Dans l'esprit de: La Lampe sous le Boisseau, Jubilations du Désert et Petite suite des Choses.


LES FOURMIS DU ROI
poèmes.

Les fourmis c'est nous. Le roi, combien sont-ils ?


POEMES POLITIQUES
poèmes.

Poésie politique c'est possible ? Oui, quand on fait quelque chose avec l'écriture.

EN COURS ARTS PLASTIQUES :

 

POISSONS DU JARDIN
sculptures sur bois, figuratives ou imaginaires.

En projet d'exposition.